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PLU bioclimatique

PLU bioclimatique, la ville de Paris pionnière

La Mairie de Paris est le précurseur du PLU bioclimatique en France depuis l’annonce de la révision du PLU les 23 et 24 juillet 2020. Celui-ci sera voté en janvier 2024, suite aux travaux de la convention citoyenne du 17 octobre 2020 et de nombreux ateliers de travail qui vont s’en suivre.

Sa mise en place aura pour effet de transformer la ville en un espace plus résilient, en fonction des enjeux climatiques, mais aussi de redonner à l’humain une cadre de vie plus serein.

La Gestion En Ligne vous analyse les différents enjeux de ce nouveau PLU.

 

 

PLU et PLU bioclimatique

Jusqu’à présent il n’y avait que des PLU, et pas de PLU bioclimatiques. C’est la Mairie de Paris qui en a été à l’initiative.

 

Qu’est-ce qu’un PLU ?

Le PLU découle du Plan d’Occupation des Sols (POS), qu’il a remplacé, depuis la loi relative à la Solidarité et au Renouvellement Urbains (dite loi SRU) du 13 décembre 2000.

Définition d’un PLU

Un PLU est un Plan Local d’Urbanisme. Il peut être relatif à une seule commune, ou bien à plusieurs communes. Il sera alors appelé PLUI (Plan Local d’Urbanisme Intercommunal).

Il s’agit d’un document d’organisation et de planification de l’urbanisme d’une ville ou d’un regroupement de villes, afin de permettre une cohérence entre l’urbanisme, l’habitat ainsi que les déplacements urbains.

Les éléments constitutifs d’un PLU

Selon le code de l’urbanisme il est composé de cinq éléments non opposables :

  • Diagnostic territorial, qui fait état sur la situation de la commune ainsi que ses principaux enjeux
  • Etat initial de l’environnement, qui réalise un état des lieux des milieux naturels, de la qualité des trois éléments (eau, air et sol), mais aussi de la faune et la flore, ainsi que l’équilibre écologique.
  • Orientations générales, qui donnent les grandes lignes du projet d’aménagement et de développement durables (PADD)
  • Incidences prévisibles sur l’environnement, qui indiquera notamment le tableau d’évolution des surfaces
  • Compatibilité au regard des lois et règlements

Qu’est-ce qu’un PLU bioclimatique ?

Un PLU bioclimatique est ainsi un PLU qui va tirer avantages du site et de son environnement, afin de réaliser un aménagement le plus cohérent possible dans sa conception.

 

 

Quels enjeux pour la mise en place d’un PLU bioclimatique ?

A ce jour, seule la Mairie de Paris est en train de travailler sur un PLU bioclimatique, c’est donc le seul exemple existant. En l’occurrence, 30 propositions sont ressorties de la conférence citoyenne du 17 octobre 2020, et celles-ci ont concerné 6 grands domaines d’intervention :

  • Vie quotidienne
  • Espace public et mobilité
  • Habitat et solidarité
  • Cadre bâti et patrimoine
  • Nature, biodiversité et paysage
  • Travail, économie et attractivité métropolitaine

 

Vie quotidienne

C’est le thème de la « ville du quart d’heure » est mis en avant, avec notamment un développement d’un rapprochement entre générations, mais aussi d’une proximité du trio habitat/travail/enfants et du développement d’une vie économique locale à l’image d’un gros village.

 

Espace public et mobilité

Il s’agit avant tout de limiter les nuisances (sonores, visuelles ou autres) afin de privilégier une certaine qualité de vie, mais aussi de permet l’inclusion d’une partie de la population plus fragile (personnes âgées et en situation de handicap).

Mais il est aussi question d’adéquation entre les différents modes de déplacements, mais aussi de privilégier les modes de déplacements doux.

 

Habitat et solidarité

La question de l’accessibilité financière du logement ainsi que la mixité urbaine, sociale et fonctionnelle a été au cœur des échanges, entre accès au logement pour les nouveaux arrivants ou migrants, mais aussi récupération de biens vacants dont des bureaux en logements.

L’amélioration du confort thermique a été également au cœur des débats, afin d’améliorer la qualité de vie et limiter l’empreinte carbone. La création d’espaces verts en toits terrasse ou bien dans la cour des immeubles à la place du béton a été sollicité pour avoir plus d’ilots de fraîcheur.

 

Cadre bâti et patrimoine

La conservation de l’habitat actuel, mais aussi de sa rénovation avec des matériaux de qualité mais aussi écologiquement durables sont des attentes majeures des citoyens, avec notamment des habitats moins énergivores.

 

Nature, biodiversité et paysage

La volonté de végétaliser la ville est une demande générale, que ce soit sur l’espace public que privé. Il ressort une envie d’espaces verts, mais aussi de lieux permettant l’agriculture urbaine, permettant à la fois une lutte contre la chaleur mais aussi un geste en faveur de la cohésion sociale.

 

Travail, économie et attractivité métropolitaine

Cette thématique rejoint la première sur la vie autour d’une zone géographique déterminée, tout en laissant une place au tourisme et à l’artisanat local.

Il était également question de développer la voie fluviale et ferroviaire, moins polluante ainsi que d’augmenter l’amplitude horaires des transports en commun et lieux culturels.

 

 

Quelles limites à instaurer un PLU bioclimatique ?

Plusieurs limites peuvent apparaître à la mise en place d’un PLU bioclimatique, notamment sur la ville de Paris : le coût, l’attractivité de la ville et la réorganisation complète du mode de fonctionnement.

 

Le coût

Il s’agit du premier frein. La création d’espaces verts, le réaménagement de certaines zones a un coût d’investissement au départ mais aussi engendre des frais supplémentaires en entretien.

Mais il y a aussi un autre type de coût, à savoir que les m² alloués au verdissement de la ville, vont nécessairement faire disparaître des m² de logements. Quand on connaît les besoins de logements, il est donc difficile de dédensifier certaines zones, notamment à Paris.

 

L’attractivité de la ville

Paris, puisqu’en l’occurrence il s’agit de la première ville à vouloir mettre en place un PLU bioclimatique, continue d’attirer chaque année de nouveaux habitants qu’il faut loger. Il est donc difficile de faire cohabiter, travailler et surtout se faire déplacer toujours plus de citoyens sur une surface qui est identique, sans engendrer plus de difficultés.

La volonté de faire des logements plus confortables mais aussi moins hauts est alors difficilement réalisables dans ces conditions.

 

La réorganisation complète du fonctionnement actuel

La dernière limite se trouve dans une réorganisation complète du modèle actuel de la ville, avec des quartiers d’affaires parfois très éloignés des logements, ce qui rend difficile la « ville du quart d’heure» , d’autant plus que ces quartiers sont très bétonnés et sans commerce de proximité comme il est attendu désormais. Les espaces verts y sont absents. Il faudrait ainsi repenser complètement certains quartiers pour favoriser la mixité fonctionnelle et pouvoir vivre et travailler dans un périmètre réduit, favorisant ainsi les déplacements en mode doux comme la marche, le vélo ou la trottinette.

 

 

La mise en place d’un PLU bioclimatique va ainsi dans le sens des démarches écoresponsables actuelles. Certaines propositions sont toutefois faciles à mettre en place, tandis que d’autres vont nécessiter un aménagement et une réflexion plus longue.

Ville pionnière, Paris pourrait donc ouvrir la voie à d’autres villes à taille plus réduite.