Hausse de loyer suite à des travaux d’amélioration
La hausse des loyers est réglementée dans les principales agglomérations depuis août 2012 suite à différents décrets Néanmoins, une hausse “exceptionnelle” de loyer suite à des travaux d’amélioration est possible.
La gestion du loyer tient désormais compte également des investissements réalisés par les bailleurs en cours de location et non plus uniquement d’une revalorisation classique en fonction. C’est un signal positif pour les propriétaires, qui voient revalorisées les valeurs de leur bien et leur loyer, mais aussi pour les locataires, qui bénéficient d’un logement avec un meilleur confort.
Dans cet article, l’équipe de La Gestion En Ligne, votre agence locative partout en France, vous propose un tour d’horizon clair et pratique des règles à connaître afin de sécuriser une hausse de loyer suite à des travaux d’amélioration, tout en optimisant la rentabilité de votre investissement locatif.
Sommaire
- 1 Les bases de la hausse de loyer liée aux travaux d’amélioration
- 2 Les types de travaux d’amélioration qui permettent une hausse de loyer
- 3 L’accord avec le locataire pour réaliser une hausse de loyer suite à des travaux d’amélioration
- 4 Zone tendue : les règles spécifiques pour hausse de loyer suite à des travaux
- 5 Quels risques en cas de hausse de loyer non conforme ?
- 6 4 bonnes pratiques pour les bailleurs, qui souhaitent mettre en place une hausse de loyer pour travaux
- 7 A retenir pour votre hausse de loyer suite à des travaux
- 8 FAQ – Hausse de loyer suite à des travaux d’amélioration
- 8.1 Peut-on augmenter le loyer après des travaux d’amélioration ?
- 8.2 Quels travaux permettent réellement une hausse de loyer ?
- 8.3 L’accord du locataire est-il toujours obligatoire ?
- 8.4 Comment fixer le montant de la hausse de loyer après travaux ?
- 8.5 Peut-on augmenter le loyer après travaux en zone tendue ?
- 8.6 Que risque un bailleur en cas de hausse de loyer illégale ?
- 8.7 Faut-il conserver les justificatifs des travaux ?
- 8.8 Est-il possible de reporter la hausse de loyer à la relocation ?
Les bases de la hausse de loyer liée aux travaux d’amélioration
Par principe, la hausse de loyer suite à des travaux d’amélioration repose sur un cadre juridique strict. Tous les travaux ne permettent pas une augmentation du loyer, et celle-ci n’est possible que si certaines conditions sont réunies. Vous devez donc, en tant que bailleur, bien identifier la nature des travaux réalisés et les logements concernés avant d’envisager une revalorisation du loyer.
Qu’entend-on par travaux d’amélioration ?
Les travaux d’amélioration correspondent aux travaux qui apportent un élément de confort nouveau ou une amélioration significative de la qualité du logement, sans modifier sa structure ni sa destination.
Ils se distinguent clairement :
- Des travaux d’entretien courant, destinés à maintenir le logement en bon état ;
- Des travaux de réparation, visant à remédier à une dégradation ou à une vétusté.
À titre d’exemples, sont généralement considérés comme des travaux d’amélioration :
- L’installation d’un système de chauffage plus performant ;
- La création ou la modernisation d’une salle de bains ;
- L’amélioration de l’isolation thermique ou phonique ;
- L’installation d’équipements nouveaux augmentant le confort du logement.
Quels biens sont concernés par la hausse de loyer après travaux ?
La hausse de loyer suite à des travaux d’amélioration peut concerner aussi bien :
- Un logement vacant, remis sur le marché après la réalisation des travaux ;
- Un logement occupé, sous réserve du respect des règles spécifiques applicables et de l’accord du locataire.
Les logements à usage d’habitation principale sont principalement visés, qu’ils soient loués vides ou meublés. En revanche, certaines restrictions peuvent s’appliquer, notamment en zone tendue ou en cas d’encadrement des loyers, limitant la possibilité ou le montant de l’augmentation.
⚠️ Par contre, certains biens ne sont pas concernés par cette disposition. C’est notamment le cas des logements régis par la loi de 1948, convention ANAH ou bien les logements meublés. De plus, il faut tenir compte des plafonnements dans les zones tendues.
Les types de travaux d’amélioration qui permettent une hausse de loyer
En cas de nouveau bail
Vous êtes dans une situation entre 2 locataires ? Et bien 3 conditions doivent être réunies pour pouvoir réaliser une hausse de loyer pour cause de travaux d’amélioration :
- La notion de travaux d’amélioration, et pas uniquement de travaux de peinture, vitrification de parquet, changement d’équipement de salle de bain ou autre …
- L’exécution de ces travaux depuis le début du locataire précédent, ou depuis son dernier renouvellement si son bail a été renouvelé
- Le montant des travaux équivalent au moins à 50% d’une annuité de loyers.
Si ces 3 conditions sont cochées, alors vous pourrez augmenter le loyer pour un nouveau bail. Le montant du nouveau loyer dépendra alors du montant des travaux réalisés :
- Au moins 50 % d’une annuité de loyers: l’augmentation pourra s’élever à 15% du montant des travaux
- Supérieur à une annuité: libre fixation du nouveau loyer
En cas de bail en cours
Si votre bien est actuellement loué, la hausse du loyer ne pourra se faire qu’avec 4 conditions :
- Les 3 mêmes conditions qu’en cas de nouveau bail, à savoir la notion de travaux, le moment de leur réalisation et un certain montant.
- La condition supplémentaire de la présence d’une clause expresse dans le bail ou la signature d’un avenant pour valider l’accord de votre locataire.
Exemples de hausse de loyer avec travaux d’amélioration :
Pour un loyer de 1000 € mensuels, soit 12 000 € par an
Réalisation de 7 000 € de travaux d’amélioration :
- En cas de nouveau locataire : le loyer annuel peut être porté à : 12.000 + (7.000 € x 15 %), soit 13.050 €
- En cas de locataire en place : 13.050 € également (uniquement avec accord du locataire, signature d’un avenant ou présence d’une clause spécifique dans le bail)
Réalisation de 13 000 € de travaux d’amélioration
- En cas de nouveau locataire : loyer fixé librement
- En cas de locataire en place : le loyer annuel peut être porté, au renouvellement du bail, à 13 950 €
L’accord avec le locataire pour réaliser une hausse de loyer suite à des travaux d’amélioration
Lorsque le logement est occupé, la hausse de loyer suite à des travaux d’amélioration ne peut être mise en œuvre qu’avec l’accord exprès de votre locataire. Cet accord constitue une condition essentielle de validité de l’augmentation et permet de sécuriser juridiquement votre démarche.
En cas d’accord du locataire
Si votre locataire accepte la réalisation des travaux d’amélioration et la hausse de loyer qui en découle, vous devez formaliser cet accord par écrit. Nous recommandons généralement la rédaction d’un avenant au bail, plus simple à gérer que la rédaction d’un nouveau bail. Vous devez indiquer dans ces avenant les mentions suivantes :
- La nature des travaux réalisés ;
- Leur coût ;
- Le montant ou le mode de calcul de la hausse de loyer ;
- La date d’entrée en vigueur de l’augmentation.
La hausse de loyer ne peut s’appliquer qu’après l’achèvement des travaux, et uniquement dans les conditions prévues par l’accord signé. En respectant cette procédure, vous sécurisez la revalorisation du loyer tout en valorisant durablement votre bien immobilier.
En cas de refus du locataire
En cas de refus de votre locataire, vous ne pouvez pas imposer une hausse de loyer suite à des travaux d’amélioration tant que le logement reste occupé.
Dans cette situation, vous pouvez envisager plusieurs options :
- Renoncer à la hausse de loyer pendant la durée du bail en cours ;
- Reporter la revalorisation du loyer à la relocation du logement, sous réserve du respect des règles applicables, notamment en zone tendue ;
- Différer ou ajuster le projet de travaux ;
- .
Le respect de la position du locataire est essentiel afin d’éviter tout risque de contestation ou de contentieux.
Zone tendue : les règles spécifiques pour hausse de loyer suite à des travaux
Dans les zones tendues, la hausse de loyer suite à des travaux d’amélioration est soumise à des règles renforcées visant à protéger les locataires. En tant que bailleur, il est indispensable de vérifier si votre bien est situé dans une zone concernée avant d’appliquer une augmentation de loyer.
Encadrement des loyers
Dans certaines communes classées en zone tendue, un dispositif d’encadrement des loyers peut s’appliquer. Ce mécanisme fixe des loyers de référence que le bailleur ne peut dépasser, y compris après la réalisation de travaux d’amélioration.
Ainsi, même si les travaux améliorent significativement le logement, la hausse de loyer reste plafonnée par le loyer de référence majoré applicable au secteur concerné.
Plafonds de hausse de loyer applicables après travaux
Les travaux d’amélioration ne permettent pas de s’affranchir automatiquement des plafonds en vigueur. La hausse de loyer est autorisée uniquement dans la limite des seuils réglementaires, et sous réserve que le nouveau loyer reste conforme aux loyers de référence imposés en zone tendue.
En cas de relocation, certaines hausses peuvent être possibles, mais elles demeurent strictement encadrées et doivent être justifiées par la nature et le montant des travaux réalisés.
Quels risques en cas de hausse de loyer non conforme ?
Appliquer une hausse de loyer suite à des travaux d’amélioration sans respecter le cadre légal peut entraîner des conséquences financières et juridiques importantes pour le bailleur.
Contestation par le locataire
Votre locataire est en droit de contester une augmentation de loyer qu’il estime injustifiée ou irrégulière. Cette contestation peut intervenir directement auprès de vous, en cas de désaccord persistant, devant les instances compétentes.
Attention, une hausse mal encadrée fragilise la relation locative et peut déboucher sur un contentieux.
Sanctions financières
En cas de non-respect des règles, notamment en zone tendue ou dans le cadre de l’encadrement des loyers, des sanctions financières peuvent être prononcées à l’encontre du bailleur. Ces sanctions peuvent inclure des amendes administratives et la suppression de la hausse appliquée.
Si la hausse de loyer est jugée illégale, le bailleur peut être contraint de rembourser les sommes indûment perçues auprès du locataire, parfois sur plusieurs mois, voire plusieurs années. Ce remboursement peut représenter un coût significatif.
C’est pour cela que nous vous commandons de respecter scrupuleusement le cadre légal.
4 bonnes pratiques pour les bailleurs, qui souhaitent mettre en place une hausse de loyer pour travaux
Pour réussir une hausse de loyer suite à des travaux d’amélioration tout en limitant les risques, certaines bonnes pratiques doivent être systématiquement adoptées :
- Anticiper la hausse dès la phase de travaux: cela vous permet de vérifier en amont la faisabilité juridique de la hausse et d’adapter le projet en conséquence.
- Privilégier les travaux à forte valeur ajoutée: tous les travaux n’ont pas le même impact sur la valorisation du logement. Privilégiez ceux qui améliorent réellement le confort, la performance énergétique ou l’attractivité du bien, et qui justifient plus facilement une hausse de loyer.
- Sécuriser l’accord du locataire par écrit: formalisez-le par écrit, idéalement sous la forme d’un avenant au bail. Cette précaution est essentielle pour éviter toute contestation ultérieure.
- Conserver toutes les factures: elles sont indispensables en cas de contrôle ou de litige et permettent de justifier le bien-fondé de la hausse de loyer.
A retenir pour votre hausse de loyer suite à des travaux
Pour la réussir voici les 5 points à retenir :
-
- Vérifier que les travaux réalisés constituent bien des travaux d’amélioration et non de simples travaux d’entretien ou de réparation ;
- Respecter les conditions légales applicables, notamment l’accord écrit du locataire lorsque le logement est occupé ;
- Tenir compte des règles spécifiques en zone tendue et des dispositifs d’encadrement des loyers ;
- Anticiper la hausse dès la phase de travaux et privilégier ceux à forte valeur ajoutée ;
- Formaliser la hausse par un avenant au bail et conserver l’ensemble des justificatifs.
En appliquant ces bonnes pratiques, vous sécurisez juridiquement l’augmentation du loyer tout en valorisant durablement votre investissement locatif.
FAQ – Hausse de loyer suite à des travaux d’amélioration
Peut-on augmenter le loyer après des travaux d’amélioration ?
Oui, une hausse de loyer suite à des travaux d’amélioration est possible, mais uniquement sous certaines conditions. Les travaux doivent apporter un confort ou un équipement nouveau au logement. Lorsque le logement est occupé, l’augmentation nécessite impérativement l’accord écrit du locataire. En cas de relocation, la hausse peut être libre ou encadrée selon la zone géographique du bien.
Quels travaux permettent réellement une hausse de loyer ?
Seuls les travaux d’amélioration ouvrent droit à une augmentation du loyer. Il s’agit de travaux qui améliorent la qualité ou le confort du logement, comme l’installation d’un chauffage plus performant, l’amélioration de l’isolation ou la création d’équipements modernes. Les travaux d’entretien ou de réparation ne justifient pas une hausse de loyer.
L’accord du locataire est-il toujours obligatoire ?
Lorsque le logement est occupé, l’accord du locataire est indispensable pour appliquer une hausse de loyer liée à des travaux d’amélioration. Cet accord doit être formalisé par écrit, généralement par un avenant au bail.
En revanche, si le logement est vacant, l’accord d’un ancien locataire n’est pas requis.
Comment fixer le montant de la hausse de loyer après travaux ?
Le montant de la hausse doit être proportionné au coût réel des travaux réalisés. En pratique, la réglementation prévoit un plafond basé sur un pourcentage du montant des travaux.
En zone tendue, cette augmentation doit en outre respecter les règles d’encadrement des loyers et ne pas dépasser les loyers de référence applicables.
Peut-on augmenter le loyer après travaux en zone tendue ?
Oui, mais sous conditions strictes. En zone tendue, la hausse de loyer suite à des travaux d’amélioration est limitée par les dispositifs d’encadrement des loyers. Même après travaux, le nouveau loyer ne doit pas excéder le loyer de référence majoré, sauf exceptions prévues par la réglementation.
Que risque un bailleur en cas de hausse de loyer illégale ?
Une hausse de loyer non conforme peut être contestée par le locataire. Le bailleur s’expose alors à des sanctions financières, à l’obligation de rembourser le trop-perçu, et à la remise en cause du montant du loyer. Le non-respect des règles en zone tendue constitue un risque juridique important.
Faut-il conserver les justificatifs des travaux ?
Oui, il est fortement recommandé de conserver l’ensemble des factures et documents justificatifs liés aux travaux d’amélioration. Ces pièces sont essentielles pour justifier la hausse de loyer en cas de contrôle, de contestation ou de litige avec le locataire.
Est-il possible de reporter la hausse de loyer à la relocation ?
Oui. Si le locataire refuse la hausse de loyer liée aux travaux, le bailleur peut envisager de revaloriser le loyer lors de la relocation du logement, sous réserve du respect des règles applicables, notamment en zone tendue et en cas d’encadrement des loyers.

Co-fondateur et Directeur Général de La Gestion en Ligne. Expert en gestion d’actifs immobilier et financier. Passionné par les sujets digitaux et de nocode. Diplômé de l’Université Paris Dauphine et de la Société Française des Analystes Financiers (SFAF). Depuis 2014, La Gestion en Ligne est pionnière dans la mise en location et la gestion locative 100 % en ligne. Agence immobilière digitale, nous opérons à distance via internet, email et téléphone, tout en plaçant l’humain au cœur de notre service.


